Comment choisir un fournisseur canadien de signature électronique
La réponse courte
Comparez les fournisseurs sur les faits qui comptent au Canada : où sont conservés les documents, les sauvegardes et les pistes d’audit, qui possède et exploite le service, si l’on peut signer en français et en anglais, quelle preuve vous reste à la fin, quels contrôles d’identité sont offerts et ce que cela coûte. Plusieurs fournisseurs, dont DocuSign, offrent un hébergement au Canada; demandez ce qui s’applique à votre forfait ou à votre compte. Obtenez les réponses par écrit et comparez-les à vos propres obligations légales.
Où vivent les données et les sauvegardes
Demandez où sont conservés les documents, les sauvegardes et la piste d’audit, et où vont les noms et les adresses courriel des signataires. Notre guide sur le lieu de conservation des documents signés énumère les questions et les règles qui les fondent.
Plusieurs fournisseurs, dont DocuSign, offrent une région d’hébergement au Canada. Demandez si elle s’applique à votre forfait ou à votre compte, et quelles données en sortent quand même.
Deux règles à garder en tête : vous restez responsable des renseignements personnels que vous confiez à un fournisseur aux fins de traitement (LPRPDE, annexe 1, article 4.1.3), et au Québec, une entreprise doit procéder à une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant de communiquer un renseignement personnel à l’extérieur du Québec (Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, art. 17).
Qui possède et exploite le service
Un centre de données au Canada et une entreprise canadienne sont deux faits distincts. Demandez à qui appartient le fournisseur, qui exploite le service au quotidien et quelles autres entreprises (sous-traitants) traitent vos données.
Demandez aussi si le lieu d’hébergement est inscrit à votre contrat, ou seulement décrit comme le fonctionnement actuel du service.
La signature en français et en anglais
Vérifiez que les signataires peuvent lire les écrans de signature, le consentement à la signature électronique et les courriels en français comme en anglais, et choisir leur langue.
Au Québec, un contrat d’adhésion doit d’abord être remis en français (Charte de la langue française, art. 55). Pour un contrat conclu au moyen d’un site Web ou d’une application, l’Office québécois de la langue française indique que l’obligation est remplie si les clauses types en français sont remises à l’adhérent, ou si le moyen technologique est offert en français et que la version française du contrat y est accessible.
Un écran de signature en français ne rend pas le contrat français : c’est la version française du contrat lui-même que demande la Charte.
La preuve qui vous reste
Si une signature est contestée, la partie qui invoque le document doit établir qu’il est bien ce qu’il paraît être, et son intégrité peut se démontrer par celle du système qui l’a conservé (Loi sur la preuve au Canada, art. 31.1 et 31.2; Loi sur la preuve de l’Ontario, art. 34.1). Au Québec, la signature apposée à un document technologique est opposable au signataire lorsque l’intégrité du document est assurée et que le lien entre la signature et le document est maintenu depuis la signature (Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information, art. 39).
Comparez donc ce qui vous reste à la fin : le PDF terminé, un certificat qui énumère les étapes de chaque signataire, un historique des événements qui révèle toute modification, et la possibilité de tout télécharger vous-même.
Les contrôles d’identité
Un lien envoyé par courriel est le point de départ habituel. Demandez quels contrôles s’y ajoutent, comme un code d’accès que l’expéditeur transmet séparément au signataire, un code envoyé par message texte ou la vérification d’une pièce d’identité délivrée par un gouvernement, et ce que chacun ajoute au dossier.
Selon certaines lois provinciales, les documents désignés par règlement exigent une signature qui permet d’identifier la personne de façon fiable (Loi de 2000 sur le commerce électronique de l’Ontario, par. 11(3); Electronic Transactions Act de l’Alberta, par. 16(2)).
Les évaluations de sécurité
Demandez quelles évaluations de sécurité indépendantes le fournisseur peut communiquer, comme un rapport SOC 2 ou un certificat ISO/IEC 27001, et ce que chacune couvre.
Le prix et les forfaits
Bien des services de signature électronique sont vendus par utilisateur, avec des fonctions réparties entre les forfaits. Calculez le coût pour votre propre volume, et vérifiez quel forfait comprend chaque fonction dont vous avez besoin, y compris la région d’hébergement au Canada.
Les intégrations
Dressez la liste des systèmes auxquels le service doit se relier. Certains fournisseurs offrent un vaste catalogue d’intégrations prêtes à l’emploi; d’autres offrent une API que votre équipe ou un partenaire relie. Vérifiez ce dont vous avez besoin avant de choisir.
La place de Maple eSign
Voici où se situe Maple eSign sur chaque point, y compris là où il n’est peut-être pas le bon choix :
- Données : l’application, sa base de données, le stockage des documents et les sauvegardes de la base de données sont dans la région de Montréal de Google Cloud (northamerica-northeast1). Les courriels passent par Postmark aux États-Unis, et un lieu d’hébergement n’est pas une garantie contractuelle de résidence des données.
- Propriété : de propriété canadienne, exploité par Scrawlr Development Inc. à Vancouver, en Colombie-Britannique.
- Langues : signature en français et en anglais (Canada), y compris le texte de consentement et les courriels aux destinataires.
- Parcours : modèles, acheminement séquentiel et parallèle, rappels, expiration, correction d’une entente envoyée, réattribution, champs conditionnels et pièces jointes des signataires.
- Preuve : un PDF scellé avec un certificat d’achèvement et une empreinte SHA-256 enregistrée, et une piste d’audit en ajout seulement, chaînée par hachage.
- Identité : codes d’accès pour les signataires, et signature tapée, dessinée ou téléversée. Les mots de passe à usage unique et les codes par message texte ne sont pas encore offerts.
- Intégrations : une API REST, un SDK typé, des webhooks signés et l’envoi groupé par CSV. Les connecteurs Google et Microsoft ne sont pas encore offerts.
- Sécurité : aucune certification de sécurité par un tiers n’est revendiquée.
- Prix et accès : gratuit. Les comptes sont configurés sur demande pour l’instant; il n’y a pas encore d’inscription libre-service.
Sources
Textes officiels seulement. Chaque lien ouvre la loi elle-même ou la page de l’organisme public.
- Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, annexe 1La responsabilité pour les renseignements confiés à une tierce partie aux fins de traitement (4.1.3).
- Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (Québec)L’évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant une communication hors du Québec (art. 17).
- Charte de la langue françaiseLes contrats d’adhésion en français (art. 55).
- Office québécois de la langue française, Entreprises : contrats d’adhésionLes contrats conclus au moyen d’un site Web ou d’une application.
- Loi sur la preuve au CanadaLa preuve d’un document électronique (art. 31.1 et 31.2).
- Loi sur la preuve (Ontario)L’authenticité et l’intégrité des documents électroniques (art. 34.1).
- Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information (Québec)Quand la signature apposée à un document technologique est opposable au signataire (art. 39).
- Loi de 2000 sur le commerce électronique (Ontario)La fiabilité de l’identification du signataire, pour les documents désignés (par. 11(3)).
- Electronic Transactions Act (Alberta) (en anglais)La fiabilité de l’identification du signataire, pour les documents désignés (par. 16(2)).